Présentation de notre Mooc

Ces dernières années, les applications de suivi des cycles menstruels dédiées aux femmes fleurissent alors que les règles restent un objet socialement tabou concerné par des débats sur la contraception et les hormones. En une seule recherche sur Google Play par exemple, plusieurs dizaines, voire plusieurs centaines de résultats sont proposés. Ce sont des applications qui offrent un large éventail de fonctionnalités concernant les cycles menstruels : suivre la date de ses règles, suivre son ovulation pour concevoir un enfant, suivre sa prise de pilule pour éviter les oublis, etc.

Nous nous sommes alors interrogées sur cette rencontre entre un objet naturel et social et un objet technique offrant aux femmes une maîtrise de leur corps : Quelles pratiques personnelles et sociales engendrent l’utilisation de ces applications au quotidien ? Quels enjeux concernant ces applications sont soulevés dans les médias ? Quels discours sont portés par ces applications sur les réseaux sociaux ?

Méthodologie de notre étude :

Nous avons donc étudié les pratiques et discours entourant les applications de suivi du cycle menstruel selon trois corpus portant sur différents angles d’études :

  • Les commentaires des utilisatrices sur Google Play (environ 350 étudiés)
  • Les commentaires médiatiques à propos de ces applications
  • Les discours portés par ces applications sur leurs comptes de réseaux sociaux

Les corpus sont limités à des applications assez utilisées qui revenaient souvent lors de nos recherches préliminaires : CLUE, GLOW, FLO PERIOD TRACKER, et SUIVI DES RÈGLES ET OVULATION (SRO).

Étude des commentaires des utilisatrices

Ces corpus ont été collectés dans les commentaires des utilisateurs sur Google Play en novembre 2018 par des captures d’écrans.

Attention : collecte réalisée sur ordinateur donc les simples notes chiffrées sans commentaires écrits n’apparaissent pas et ne seront donc pas analysés ici.

  • Mini-corpus 1 : les 50 derniers commentaires postés
  • Mini-corpus 2 : les 25 commentaires “les plus utiles”
  • Mini-corpus 3 : les 15 dernières réponses des applications aux commentaires

→ Mini-corpus 1 : les commentaires les plus récents

Collecte des commentaires :
Quelques données :
Analyse des commentaires

La satisfaction des utilisateur.trice.s est exprimée verbalement très souvent (de 70 à 90%) avec un vocabulaire particulier (utilité, praticité, précision/exactitude, simplicité/facilité, clarté, complétude, fiabilité, astuces/conseils, aide, efficacité) ou en la qualifiant de “la meilleure application”.

Mais l’application est peu souvent recommandée directement aux lecteurs du commentaire (seulement 5 à 15 %). La plupart du temps les avis parlent juste de l’application même s’il y a une dimension de “témoignage” pour informer les autres de son expérience personnelle avec l’application.

→ Mini-corpus 2 : les commentaires “les plus utiles”

Quelques données

Attention : classement des commentaires “le plus utile en premier” assez opaque car ne dépend pas forcément du nombre de “pouces levés” attribuées par les lecteurs

Clue      Glow      FPT        SRO     
Satisfaction 75% 72% 92% 100%
Max de “pouces levés” 36 6 19 58
De plus de 5 mots 100% 68% 83% 100%

Ce corpus contient encore peu de recommandation directe sauf cas particulier avec par exemple une femme qui décrit son expérience pour recommander l’application en tant qu’alternative à la contraception hormonale.

Sinon ce sont des récits d’expérience :

→ Mini-corpus 1 + mini-corpus 2 : les récits d’expériences et les critiques

Suivi cycles et alarme pilule
Pour tomber enceinte et suivi grossesse
Pense-bête et bloc-notes
Utilisation par des hommes aussi
Critiques

CLUE : perte de données, fonctions avancées payantes

GLOW : demande version française et décimales pour les prises de température et de poids

SRO :  aspect girly très cliché

+ demande d’ajouts de fonctionnalités (en vrac) : réinitialisation, graphique hebdomadaire, protections sans hormones, cycle hors-normes, utilisation multi-comptes, bouton d’arrêt des règles, différence douleurs ventre et ovaire etc.

+ problème de rappel de pilule

+ trop d’informations personnelles demandées

→ Mini-corpus 3 : les réponses des applications aux commentaires

Façon de répondre aux commentaires en fonction des applications

Les applications répondent aux avis dès qu’il y a moins de 5 étoiles même sans qu’il y ait de critiques formulées et le ton de la réponse dépend de la gestion de ce lien avec les utilisateurs par l’application :

→ GLOW et SRO souvent sans accroche ni signature + vouvoiement (“nous vous écoutons, nous allons faire ça”)

→ CLUE et PERIOD TRACKER avec smileys + tutoiement + accroche avec prénoms si possible + signature avec prénoms de femme (par exemple Sylvia, Joana, Sabrina, Svetlana, Dina…)

Standardisation/personnalisation des réponses

Pas vraiment d’automatisation des messages mais standardisation des trames à utiliser pour répondre :

→ elles sont adaptées aux différentes situations possibles (problèmes récurrents, commentaires non négatifs de moins de 5 étoiles, critiques, beug, proposition)

→ CLUE répond en anglais si besoin, GLOW essaie en 2018 de répondre en français, mais PERIOD TRACKER répond toujours en anglais

 

Étude des discours médiatiques

Après avoir analysé plusieurs articles médiatiques traitant des applications de suivis de règle, nous les avons réuni en corpus pour les observer et les analyser :

CORPUS 1 : articles listant plusieurs applications

  • Chaque article va illustrer ses propos par les comptes Instagram ou Facebook des applications.
  • Les articles ne sont pas extrêmement longs, le but étant de proposer aux lecteurs une rapide présentation de chaque application.
  • Les applications sont présentées comme si elles « allégeaient notre quotidien », l’aspect pratique et utile étant fortement mis en avant.
  • Tous les articles rappellent que les applications de suivi des règles ne sont pas un moyen de contraception en utilisant des témoignages de conseiller du planning familial par exemple pour appuyer cet avertissement.

→ La majorité des articles listent les applications de suivi des règles pouvant exister sur le marché et expliquent ce qui permet de les différencier. Certaines vont être plus ludiques que d’autres ou utiliseront plus de données intimes par exemple. Le point de vue reste neutre : l’objectif est d’informer le public et non de l’influencer. Toutes ces applications nous permettent ainsi de mieux connaitre notre corps et notre cycle menstruel selon la plupart de ces articles médiatiques.

CORPUS 2 : articles s’intéressant à une seule application

→ Ces articles vont clairement mettre en avant les points forts de l’application en question et faire un compte-rendu des avantages et des inconvénients. L’objectif est de proposer au public une réelle analyse d’utilisation et d’utilité de l’application. Vaut-elle la peine de s’y inscrire et d’y laisser ses données personnelles ?

CORPUS 3 : articles présentant un point de vu critique sur ces applications

→ Ces articles-ci donnent clairement leur avis. Ils « remercient » et applaudissent la bonne utilité de la technologie qui est, enfin, au service du corps des femmes. Cependant, la majorité de ces articles proposent un avis négatif à propos de ces applications malgré la preuve d’une réelle reconnaissance des menstruations en alarmant leurs lecteurs sur les dérives possibles.

  • elles ne sont « pas magiques”
  • ajouts d’avis médicaux
  • conseils avec humour (utiliser un calendrier papier)

 

→ Certains articles vont clairement s’opposer à ces applications en listant différents arguments. Les données intimes transmises aux applications est un des facteurs sensibles médiatisé ici. Comment seront utilisées les données intimes transmises en utilisant l’application ?

« Bien que ces applications puissent être agréables à utiliser et parfois même utiles pour les personnes qui en ont besoin, les femmes devraient considérer les compromis de sécurité et de vie privée avec prudence avant de choisir d’utiliser l’une d’elles. » selon l’EFF : Electronic Frontier Foundation (protection des données et libertés sur internet)

Voici la liste d’autres arguments utilisés dans ces articles médiatiques :

  • ne servent à rien
  • comparaison à Big Brother
  • “mes données en cadeau”
  • ils appuient leur avis grâce à des sources de spécialistes
  • ils dénoncent l’accès à l’appareil photo et à la localisation
  • somme importante d’informations personnelles partagées
  • preuves avec étude internes (EFF)

 

 

Étude de leur présence sur les réseaux sociaux

Aujourd’hui les réseaux sociaux font partie du quotidien de la quasi totalité des individus et font également office d’outils d’information et de communication puissants. Dans le cadre de notre étude sur les applications dédiées au suivi des règles et de l’ovulation, nous avons analysé la communication que ces applications mettent en place avec leurs utilisateur.trice.s et leur implication sur les réseaux sociaux. Parmi les différentes formes de réseaux sociaux existantes, nous avons sélectionné les plus connues et les plus accessibles : Facebook, Instagram et Twitter. Après avoir décortiqué l’ensemble des possibilités (post de multimédia, commentaires, like/dislike, abonnés/followers, etc.) proposés par ces réseaux sociaux, nous sous sommes rendues comptes que chacune des applications étudiées ont des styles de communication et d’information différents.

Les différences se situent d’abord au niveau de la communication visuelle. Rappelons que la communication visuelle désigne : « l’ensemble des techniques d’information par l’image, l’illustration, le graphisme destinées au public. La communication visuelle est utilisée dans de très nombreux champs du marketing. » 

CLUE SUR FACEBOOK

Les photos que CLUE publient sont pour la plupart le média d’un appel à témoignages sur différentes conditions. Voir photos ci-dessous 

D’autres photos vont illustrer des questions, des informations d’ordre médical ou des articles en relation avec le domaine médical. Voir photos ci-dessous

FLO PERIOD TRACKER SUR FACEBOOK

La communication visuelle de la page Facebook de Flo Period Tracker traduit une volonté apparente de marquer l’appartenance à la gente féminine par l’utilisation répétitive de la couleur rose sur leurs photos ainsi que le graphisme doux et « mignon » des protections hygiéniques et autres éléments en relation avec la menstruation. Cela ne donne pas énormément de place à la communication à destination des hommes qui pourraient être utilisateur de l’application par exemple. La communication de cette application semble directement, voire intégralement, destinée à la femme, qui plus est à la femme cisgenre.

Flo Period tracker utilise ces images pour faire découvrir leur site. Un grand nombre de ces images est publié avec un lien internet vers celui-ci dans le descriptif. La plupart des sujets traités par cette application sur Facebook concerne le bien-être des femmes pendant leur cycle menstruel ou encore le bien-être de la future maman et du futur bébé. Loin d’être une communication médicalisée, Flo Period Tracker donne plus l’impression d’un catalogue féminin/bien-être. Les photos sont, comme pour CLUE, dénuées de personnalité car elles font uniquement office de médiation et non de communication directe.

Ci-dessous, un exemple de photo, médiatrice d’un sujet traité par Flo Period Tracker sur leur site internet : 

GLOW SUR FACEBOOK

GLOW, à la différence des deux autres applications, s’intéresse principalement à la fertilité en utilisant souvent le hashtag #fertilityfact. De plus, l’application se désigne volontiers comme une communauté. Ses photos font office de témoignage ou d’explication concernant la fertilité par le biais de dessins simplistes. Certaines photos montre aussi les difficultés que peut engendrer une grossesse. L’ensemble de la communication visuelle de GLOW reste très accessible en matière de compréhension mais est également très restreinte en ce qui concerne le sujet traité qui est la fertilité au sens large. Ci-dessous, des exemple de sujets traités et de témoignages par le biais des images de GLOW.

LA COMMUNICATION VISUELLE SUR INSTAGRAM

En tant que telles, les photos des ces trois applications publiées sur Instagram sont exactement les mêmes que sur Facebook. Mais on peut noter une légère différence sur celles de CLUE, car on retrouve des images beaucoup plus esthétiques et créatives sur Instagram que sur Facebook, afin de répondre à l’univers de ce réseau. Quelques exemple de la différence de communication visuelle sur Facebook et Instagram pour CLUE ci-dessous

Une autre hypothèse peut être envisagée : la politique de modération de Facebook reste floue sur la nudité alors on peut se demander si certaines photos sont plus acceptées sur Instagram que sur Facebook.

La différence s’opère aussi au niveau de la stratégie de communication. Alors que sur Facebook, un court message, un lien internet ou encore quelques hashtags viennent compléter l’image, sur Instagram, les applications vont davantage utiliser les hashtags pour tenter de diffuser leur post à grande échelle. Quelques exemples ci dessous

CLUE, GLOW ET FLO PERIOD TRACKER SUR TWITTER

Nous avons décidé, pour ce dernier réseau social, d’analyser de manière globale la communication visuelle de ces applications, étant donné que ce sont les mêmes images qui y sont postées. La différence se situe au niveau de la mise en page sur Twitter, qui mêle beaucoup plus de texte à l’image.

PAGE D’ACCUEIL DES APPLICATIONS SUR TWITTER

Comme nous pouvons le constater, les pages d’accueil sur Twitter sont similaires à celles de Facebook. La différence se trouve dans la diffusion de l’information en lien avec les images.

Ci-dessus, le visuel d’un article sur les symptômes des troubles de la thyroïde, sur Facebook par CLUE. Comme information, nous avons un court texte résumant l’article qui se trouve en dessous en lien.

Nous retrouvons ci-dessus sur Twitter exactement le même article que sur Facebook, à l’exception de l’ajout d’un lien direct avec un visuel vers un autre site internet, ce qui permet d’avoir une meilleure lisibilité de l’article.

La seconde différence qui se trouve être centrale dans l’analyse des discours sur les réseaux sociaux est celle qui se situe au niveau du genre de publications par les applications sur les différents réseaux sociaux. En effet, certaines applications vont utiliser un discours amical, compatissant, psychologue et personnel, alors que d’autres vont plutôt utiliser un discours beaucoup plus médicalisé avec à l’appui des articles, des vidéos scientifiques ou encore des liens internet menant à des pages scientifiques. Certaines applications choisissent également de publier un ensemble d’informations sur le bien-être en ciblant principalement les femmes. La majorité des abonnés de ces applications pourront alors découvrir par exemple de nouvelles tendances mode, des informations sur le bien-être en général ou encore des articles sur des pratiques contre les aléas causés par les règles (yoga, alimentation différente, pratiques quotidienne, etc.).

CLUE SUR LES RESEAUX SOCIAUX 


Facebook : 44 718 personnes aiment cette page

Twitter : 13 700 Tweets//1 734 Abonnements//16 200 Abonnés//17 100 J’aime

Instagram : 683 publications//52 500 abonnés//11 019 abonnements

Clue utilise un discours médicalisé sur Facebook. Ses discours seront toujours médicalisés sur Twitter et Instagram mais les sujets traités seront beaucoup plus centrés sur l’acceptation de son corps, des genres, des sexualités, etc. Clue utilise énormément de hashtag sur Instagram pour se rendre encore plus visible. Clue reste très proche des ses abonnés et n’hésite pas à leur répondre et à leur donner des conseils.

FLO PERIOD TRACKER SUR LES RESEAUX 


Facebook : 412 183 personnes aiment ça

Twitter : 532 Tweets//632 Following//464 Followers//833 J’aime

Instagram : 348 publications//111 000 abonnés//108 abonnements

Flo Period Tracker a comme sujet sur les trois réseaux sociaux les menstruations et toutes les problématiques qui les entourent, comme par exemple comment remédier aux douleurs des règles ou de la période d’ovulation. Flo Period Tracker utilise exactement les même publications sur les trois réseaux sociaux. Il y a cependant très peu de réactions des abonnés sur les publications. Le discours utilisé par Flo Period Tracker n’est pas médicalisé, il est beaucoup plus « girly », à la manière d’un magazine féminin. Les images postées sur Instagram sont souvent dans les teintes rosées, ou « parfaites ».

GLOW SUR LES RESEAUX 

Facebook : 13 535 personnes aiment cette page

Twitter : 4 529 Tweets//7 652 Following//9 802 Followers//4 822 J’aime

Instagram : 138 publications//2 034 abonnés//47 abonnements

Glow utilise un discours très médiatique et politique avec un partage d’articles d’actualité suivi parfois par une analyse, ou un partage de témoignages sur des sujets choisis. Concernant les sujets, Glow est très axé sur la fertilité et les problèmes qui y sont liés, sur la vie des bébés ainsi que sur la vie des femmes enceintes. Sur Instagram et sur Twitter, les discours sont les mêmes. Glow utilise néanmoins Instagram comme une extension de leur application consacrée à la première année du bébé. Sur Twitter, à la différence de Flo Period Tracker, Glow interagit beaucoup avec ses followers et est très visible.

La technologie et les femmes

A travers l’étude de nombreux articles concernant ces applications, nous avons pu voir qu’un thème revenait souvent : les femmes seraient les grandes oubliées de la technologie. Et ce pour une raison simple, le domaine de la technologie est un milieu ultra-masculin. Il y a donc depuis quelques dizaines d’années un combat et des initiatives fortes pour intégrer les femmes dans ce domaine (que ce soit dans le développement de nouvelles technologies ou dans leur utilisation).

→ Par exemple, le site Forbes met en lumière ce tabou dans un article titré Les Femmes, Ces Oubliées De La Technologie. L’article présente l’histoire du film Hidden Figures, qui parle de 3 femmes mathématiciennes afro-américaines dont le travail a aidé la NASA à résoudre des problèmes complexes dans les premières années du programme spatial américain. Ce film met en lumière le combat de femmes actives dans le secteur des nouvelles technologies et en particulier l’expérience compliquée des femmes de couleur. L’existence de ce film, adapté d’un roman, est un pas en avant pour la valorisation de l’action des femmes dans les sciences, les technologies, l’ingénierie et les mathématiques. L’article explique que la sortie du film a permis de prendre conscience de ces oublis et de nombreuses voix se sont élevées pour demander  : “Où sont passées les femmes dans le numérique ?”

→ Le Nouvel Observateur s’interroge également sur ce problème dans son article : Pourquoi la tech a oublié les femmes ? A travers un partenariat avec l’émission ORLM (On refait le mac, consacré au High-Tech et à Apple), Le Nouvel Observateur s’interroge ici sur l’omniprésence des hommes dans le domaine du numérique par rapport à la sous-représentation des femmes : « Apple, Google, Microsoft, Facebook, Amazon… Tous ont été créés et sont dirigés par… des hommes. Pourquoi les femmes boudent-elles les entreprises de technologies ? Au-delà des postes de direction, pourquoi sont-elles sous-représentées dans l’univers du numérique ? Y a-t-il des moyens d’encourager les femmes dans ce milieu ? »

Afin d’aborder plus précisément le lien entre technologie et règles, le site Télérama présente un webmagazine abordant ce lien : Sur Youtube, : l’industrie de la tech s’empare des regles et ca fait du bien. Le webmagazine de France Télévisions présente la série « Bonsang » qui présente des femmes brisant le tabou des règles et qui montre comment tout un écosystème de start-up s’y intéresse. C’est un des articles nous permettant de contrer la constatation de l’absence des femmes et de leurs corps dans l’utilisation et le développement des technologies que nous avons pu décrire auparavant.

Concernant les applications de suivi du cycle menstruel, le site dansmaculotte.com se félicite que la technologie se soit emparé du sujet des règles, qui faisait tâche dans les sujets inexploités par les applications. Les femmes comme grandes oubliées de la technologie, pour eux, C’est du passé ! 

Cependant, nous avons aussi pu constater qu’aucune de ces applications n’est présenté comme une application « par les femmes », mais toujours « pour les femmes », comme si elles n’étaient pas capables de développer d’applications ou de technologies à destination de leurs congénères.

Afin de réellement intégrer les femmes dans le domaine de la technologie ou plutôt de réellement intégrer la technologie dans la vie des femmes et de leur en donner la maîtrise, il y a de plus en plus de démarches de bodyhacking (pirater son corps par l’utilisation de technologies) revendiquant l’usage de la technologie pour accéder à la maîtrise de son propre corps ou à l’autogynécologie grâce à des outils accessibles à tou.te.s.

Par exemple avec le collectif Gynépunk : « collectif catalan, développement d’outils de gynécologie de première urgence pour les femmes en difficultés sociales, réfugiées, travailleuses du sexes ou pour toutes les femmes, création donc d’un kit de gynécologie d’urgence pour les femmes dans le besoin et aussi d’une centrifugeuse, d’un microscope et d’un incubateur pour analyser les fluides corporels. Cela leur permet de s’approprier les connaissances existantes et de s’autonomiser. »

 » La nuit de la gynécologie DIY avec KLAU du groupe Gynepunk ».

0009 corps de femmes, esprit punk, body hacking: le projet GynePunk

GynePunk, les sorcières cyborg de la gynécologie DiY

Un autre exemple avec la performeuse Poussy Draama

Autogynécologie/Altergynécologie avec Pussy Draama

«L’altergynécologie» de Poussy Draama à Bandits-Mages

 « Je m’appelle Poussy Draama. Parfois je me transforme en DocteurE Caroline Duchesne, sexologue, sorcière et alter-gynécologue. J’ai décidé de partir en tournée avec ce projet. J’ai acheté un camion, le TransUterus Cruising Agency, qui est à la fois mon cabinet de DocteurE et ma maison. Les activités du DocteurE prennent des formes multiples : consultations individuelles, stages, workshops, conférences… Pose-moi toutes tes questions autour de la santé et des sexualités féminines, trans et queer ! Gros bisous <3″

Quizz final

Question 1

Quelles sont les critiques formulées par les médias concernant ces applications ?




Question 2

Comment les applications de suivi du cycle menstruel peuvent-elles être utilisées ?




Question 3

Quelles critiques sont portées par les utilisateur.trice.s sur ces applications ?




Question 4

Les applications de suivi du cycle menstruel sont-elles un moyen de contraception ?




Question 5

Les applications de suivi du cycle menstruel sont-elles uniquement utilisées par des femmes menstruées ?